SPIN (Franck Dubois & Benoit Pierre) - In situ

23 carottes de lait gelé (10cm x 700cm), 50 kg de Basalte (3m2), câble acier (7m)
(Pièce réalisée avec la collaboration technique de Matthieu Tourbier, INSA de Rouen)

Par Thierry Cattan

Spin se présente comme la pièce centrale de l’exposition. Elle articule trois temporalités différentes. La première, celle de la chronologie isotopique, nous renvoie à l’ère glaciaire (Spin est en effet une évocation des carottages effectués dans les calottes glaciaires du Groënland ou de l’Antarctique qui ont permis d’établir une chronologie de l’évolution de la température terrestre sur une période de 200 000 ans dans les années 1950).  La seconde est celle de l’ère industrielle, du réchauffement climatique et de la fonte de la banquise. La troisième, enfin, est celle de l’exposition, de la présence du public dont la chaleur corporelle va accélérer plus ou moins la fonte de la glace.


Cette œuvre n’est pas sans évoquer les Barres de bois rond que Cadere installait de façon impromptue dans tel ou tel lieu d’exposition pour interroger le statut de la création artistique. Elle évoque aussi la Colonne sans fin (1938) de Brancusi, dont Carl André s’est inspiré pour Lever (1966) et Secant (1977), pièces majeures du minimalisme et du Land Art. Ces deux artistes ont arpenté l’espace dans ces trois dimensions et questionné la symbolique de l’élévation et de la frontière.


Benoit Pierre et Franck Dubois explorent ici la quatrième dimension, celle de la temporalité, non seulement à travers le caractère éphémère de l’œuvre, mais aussi par l’évocation du carottage qui va dans les profondeurs de la glace rechercher les traces du passé.